Seconde phase des élections au Népal

  • Posted 07 Dec 2017
Katmandou (AFP)
Une Népalaise s\'apprête à déposer son bulletin de vote lors de la deuxième phase des élections, le 7 décembre 2017 à Katmandou, au Népal

Les Népalais se rendaient aux urnes jeudi dans le sud du pays dans l'espoir de tourner la page de l'instabilité qui mine ce pays pauvre de l'Himalaya depuis la fin d'une sanglante guerre civile il y a une décennie.

Ce vote marque la second temps d'élections pour les assemblées nationale et provinciales et sont les premières du genre sous la Constitution de 2015. Issue de longues années de négociations depuis la fin du conflit en 2006, la charte fondamentale a institué un État démocratique à structure fédérale, en établissant sept provinces.

12,2 millions d'électeurs des régions méridionales étaient appelés aux urnes jeudi, onze jours après que le nord montagneux eut voté.

Des milliers de policiers et soldats ont été déployés à Katmandou et dans les plaines jouxtant l'Inde par crainte de troubles. Le sud du Népal est une mosaïque de minorités ethniques qui s'estiment floutées par la nouvelle Constitution, mécontentement à l'origine de sanglants heurts ces dernières années.

Des Népalais votent lors de la deuxième phase des élections, le 7 décembre 2017 à Katmandou

Les rues de la capitale népalaise étaient particulièrement calmes à l'ouverture des bureaux de vote, les véhicules étant interdits de circulation.

Les Népalais votent pour la première fois pour des assemblées provinciales tout juste créées. Celles-ci devraient contrebalancer l'influence du gouvernement central, marqué par une grande instabilité politique.

"Maintenant il y aura des personnes spécifiques pour différentes parties du pays, ce sera plus responsable", a déclaré Bishwa Shrestha, 46, après avoir déposé son bulletin dans l'urne à Katmandou.

La nation enclavée a été déchirée entre 1996 et 2006 par une décennie d'insurrection maoïste, qui a coûté la vie à 17.000 personnes et abouti à la chute de la monarchie.

Mais la transition démocratique a été chaotique: au cours des 11 dernières années, le Népal a ainsi connu 10 changements de Premier ministre.

Les analystes estiment que le changement pourrait être limité car les trois partis qui dominent la scène politique depuis la fin du conflit devraient remporter le gros des sièges, tant au niveau national que provincial.

Le parti maoïste formé par d'anciens guérilleros a passé un accord avec les communistes du CNP-UML, créant un mastodonte électoral difficile à battre.

Actuellement aux commandes, le Congrès népalais, parti centriste, s'est acharné, lui, à former des alliances avec des formations plus petites pour essayer de se maintenir au pouvoir.

Le décompte des bulletins commencera dans tout le pays à la fermeture des bureaux de vote à 17h00 (11H15 GMT). Les résultats sont attendus dans les prochains jours.